Canicule en Russie

La canicule en Russie provoque de gigantesques incendies... et une pénurie de blé.


30 juillet 2010

38 degrés à Moscou, du jamais vu. Depuis un mois, la capitale tourne au ralenti, à cause de la chaleur et de la pollution dégagée par les feux de tourbe.

Conséquence inattendue de la canicule : les récoltes de blé s’annoncent très faibles. Du coup, les prix flambent.

Il fait chaud en Russie - et cela fait un mois que ça dure. Avec 38,2 degrés hier  (jeudi 29 juillet),  le record absolu de chaleur a même été battu à Moscou. La capitale est irrespirable, et les feux de tourbières dans la région n’arrangent rien : la pollution a dépassé jusqu’à dix fois la norme, selon l’observatoire de la qualité de l’air dans la capitale russe.

Depuis le début des incendies, 576 hectares de tourbières ont pris feu dans la région de Moscou. Des avions tentent de les contenir, en effectuant des largages d’eau.

Des incendies sont également signalés en forêt, plus au sud du pays cette fois. Des milliers de personnes ont dû être évacuées ; les feux ont ravagé des villages entiers et des centaines de maisons. 
 

Au total, le bilan est jusqu’à présent de 25 morts.

Le président russe Dmitri Medvedev a chargé le gouvernement de “prendre des mesures d’urgence” pour maîtriser les feux de forêt, “aider les familles des victimes et payer les compensations à ceux qui ont perdu leurs biens”, selon sa porte-parole. 
Il a également décidé de faire appel à l’armée, pour lutter contre ces incendies.

Plus anecdotique, au nord-ouest du pays, Saint-Petersbourg bat aussi tous les records. 35 degrés hier, le vénérable quai du canal Griboïedov, qui date de 1780, n’y a pas résisté. Une portion d’une quinzaine de mètres s’est effondrée.

Dernière conséquence, et pas des moindres : la canicule a grillé les récoltes. Le pays pourrait se voir contraint d’importer des céréales. 
Et cette situation pourrait avoir de graves conséquences : comme la Russie est la quatrième productrice de blé au monde, les cours ont déjà flambé, entretenus par la spéculation.


06 août 2010 : En Russie, le feu approche de sites à risques.

L'inquiétude n'en finit plus de grandir en Russie, où les températures particulièrement élevées cet été favorisent les incendies (600 feux de forêts et de tourbières, plus de 188 000 hectares brûlés -04 août 2010-) qui ont déjà fait 50 morts et détruits 2000 maisons. Les autorités tentent de protéger les sites militaires menacés.

L'aggravation de la situation dans le sud-ouest du pays fait aussi craindre que les incendies n'atteignent une région dont le sol et les végétaux ont été irradiés lors de l'explosion de la centrale nucléaire de Tchernobyl en 1986. «Si un incendie s'y déclarait, des substances radioactives pourraient s'envoler avec la fumée et une nouvelle zone polluée apparaîtrait», a averti le ministre des Situations d'urgence Sergueï Choïgou, précisant que la zone était «surveillée attentivement».

La France est elle aussi en état de vigilance face à cette possibilité. L'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire a annoncé jeudi qu'il allait mesurer avec une «attention toute particulière» les particules qui pourraient atteindre l'Hexagone à la suite des incendies. L'institut précise dans un communiqué qu'il «pourra disposer dans quelques semaines des résultats de mesure» en cours, et assure qu'il les présentera « dès qu'ils seront disponibles». «En tout état de cause, les niveaux d'activité susceptibles d'être observés en France à la suite de tels phénomènes ne sont pas de nature à provoquer une inquiétude d'ordre sanitaire», précise toutefois l'IRSN.

La situation semblait en revanche «stabilisée» aux environs du centre nucléaire de Sarov (région de Nijni Novgorod, à 500 km à l'est de Moscou), d'où les autorités ont affirmé mercredi avoir évacué les matières fissiles et explosives.

Les exportations de blé interdites.

Le bilan des pertes humaines est passé jeudi de 48 à 50 morts après la découverte d'un corps dans une maison calcinée dans la région de Nijni Novgorod et le décès d'une autre victime dans un hôpital de la région de Voronej (500 km au sud-est).

En raison de la sécheresse qui entraîne une énorme perte pour les récoltes, le premier ministre Vladimir Poutine a par ailleurs interdit les exportations de céréales jusqu'à la fin de l'année. La Russie est le troisième exportateur mondial de céréales, et les difficultés de son agriculture ont déjà contribué à une flambée des cours du blé sur les marchés mondiaux.

De son côté, le maire de Moscou, Iouri Loujkov, a chargé le gouvernement régional de renforcer les mesures de sécurité anti-feu, après plusieurs incendies importants, et un feu de forêt dans un vaste parc de la capitale.

Au total 162.000 personnes sont mobilisées pour combattre les 600 feux qui embrasent le pays. Nicolas Sarkozy a annoncé jeudi que les autorités françaises «se tenaient prêtes à répondre à toute demande d'assistance», selon un communiqué de l'Elysée. La France dispose d'avions bombardiers d'eau, tout comme l'Italie qui a déjà dépêché deux Canadair en Russie.


Selon plusieurs sources non-officielles, le bilan des incendies ravageurs serait de plusieurs millions d'hectares.

 

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×